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Agir sur tout ou Agir sur « LE Tout » ?

Puzzle Multi-factoriel n’est pas encore systémique :

Dans la plupart des  organisations , quelle que soit leur taille, les dirigeants et managers les plus conscients de la nature systémique des déséquilibres s’essayent depuis une ou deux décennies à des réponses multi-factorielles (prenant en compte la multiplicité des facteurs, et agissant dans plusieurs directions,  et donc « circulaires ») :

 C’est déjà une avancée conséquente, mais qui crée de nouvelles difficultés bien plus importantes. (ce qui d’ailleurs conduira à amplifier la demande de « Keep it simple » et à la régression par incapacité à passer à un autre mode de fonctionnement).

 En effet, en essayant d’agir sur tous les fronts (économique, social, écologique, sociétal, éducatif, administratif, etc …) on multiplie les énergies nécessaires, (en temps en argent, en mobilisation…) mais au final, si chaque domaine progresse un peu, la juxtaposition de moyens multiplie les coûts et amplifie la complexité :

 Immanquablement vont apparaître :

  • La prise de conscience de l’ampleur de cette complexité
  • La confrontation aux résistances et blocages de certains acteurs du système
  • L’impuissance à maîtriser les effets des changements de l’environnement extérieur
  • L’impression d’un manque de moyens (Impression qui ne peut être que chronique, le tonneau des danaïdes ne pouvant de toutes façons pas être rempli) 
  • Le doute et l’incertitude quant au futur, et quant aux voies à emprunter dans le présent.

 Tout ceci amplifie les angoisses qui vont avec ! (La multiplication des passages à l’acte violents ou des états dépressifs en sont malheureusement un bon instrument de mesure).

 La demande grandissante de simplification (Keep it simple and stupid) est le corollaire inévitable de cette étape.

 On notera que le passage aux réponses multi-factorielles intègre nécessairement des aspects éminemment subjectifs (place des fonctionnements psychologiques et sociaux) dont une vision mono factorielle -linéaire-  pouvait faire l’économie auparavant .. Cela suppose de faire l’acquisition d’autres approches et outils (communication, développement personnel, management des hommes, etc … )

 Si on a pu assister au développement des interventions, formations, accompagnements à ces domaines de la subjectivité, il semble que la conjugaison des réalités économiques actuelles et de la montée des angoisses inhérentes aux conséquences de l’ouverture à la complexité soit en train de générer une évolution : régression ou progression : tel est le choix …

 Mais ça n’est un choix qu’à la condition d’avoir les outils pour déterminer ce qui constitue réellement une progression et ce qui ne serait que régression !

 C’est là que se situe le coeur de mon travail : l’élaboration des outils de la simplexité : l’établissement de « cartographies » permettant de situer de façon plus structurée les composants subjectifs des systèmes, tant dans l’espace de leur positionnement respectif les uns par rapport aux autres, que dans le temps et les perspectives d’évolution vers un progrès ou vers une régression.

 Aujourd’hui nous vivons une crise systémique et plus structurelle que conjoncturelengrenagele : le passage à des stratégies de solution systémique et pas seulement multi-factorielles est incontournable :

Il est temps, devant l’impuissance évidente à pouvoir agir sur tout, d’apprendre à « Agir sur Le tout ».

Approche systémique, une affaire de spécialistes : comment convaincre les « pilotes » ?

 Ce passage, bien que nécessaire, bute sur le manque de connaissances et de compétences en la matière, faute de formation adéquate dans les formations initiales « classiques », qui privilégient des apports et connaissances des sciences humaines et exactes issues de la logique cartésienne.

Mais une crise systémique impliquant des individus ou groupes humains présente toujours de nombreux facteurs subjectifs, (valeurs, émotions …)  échappant à ce type de logique là : elle doit donc être complémentairement abordée avec des outils et concepts purement systémiques.

Mais encore faut il savoir ce que sont ces concepts et outils : LE Tout est devenu aussi important que les parties et nous disposons aujourd’hui d’outillage conceptuel, méthodologique, et technique, pour aborder différemment les choses.

Malheureusement cet outillage est encore dans les mains de spécialistes, et pas encore maîtrisé, voire même connu, de ceux qui pilotent au quotidien les systèmes humains. (managers, politiques, technocrates, enseignants …)

Constat de spécialiste, il est indéniable qu’acquérir une telle vision demande, au delà de l’acceptation de changer de paradigmes, du temps et de l’énergie : denrées que bien des managers ou décideurs préfèrent réserver à d’autres tâches !

De plus, le manager d’aujourd’hui est légitimement plus orienté action et solution que problème : la pression de la solution opérationnelle pour régler rapidement le symptôme amplifie souvent le déficit de réflexion globale et systémique…

 Tout est donc réuni pour maintenir encore quelques temps la prépondérance de la logique linéaire, (« mono-factorielle ») chez les moins ouverts à penser la complexité, ou, au mieux, l’avènement généralisé de la logique multi-factorielle, pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’essayer d’en tenir compte !

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